Les entorses françaises aux recommandations de l’OMS-Unicef

Dans le document « Questions-réponses sur les masques et les enfants dans le contexte de la COVID-19 » du 21 août 2020 (cf lien en bas de page), lOrganisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) recommandent «que la décision d’utiliser un masque pour les enfants âgés de 6 à 11 ans soit fondée sur les facteurs suivants:

  1. Une transmission intense dans la zone où réside l’enfant
  2. La capacité de l’enfant à utiliser un masque correctement et en toute sécurité.
  3. L’accès aux masques, ainsi que la possibilité de les laver ou de les remplacer dans certains contextes (tels que les écoles et les services de garde d’enfants)
  4. Une supervision adéquate par un adulte et des instructions données à l’enfant sur le port et le retrait des masques en toute sécurité
  5. Incidences potentielles du port du masque sur l’apprentissage et le développement psychosocial, en consultation avec les enseignants, les parents/aidants et/ou les prestataires de santé
  6. Les contextes spécifiques ou les interactions particulières de l’enfant avec d’autres personnes exposées à un risque élevé de développer une maladie grave, telles que les personnes âgées et celles souffrant d’autres affections préexistantes».

En France, en pratique, les facteurs 2, 4 et 5 (au moins) ne sont pas intégralement pris en compte ou respectés

1 – “la capacité de l’enfant à utiliser un masque correctement et en toute sécurité” n’est souvent pas respectée car:

  • de nombreux enfants passent un temps significatif à toucher leur masque avec les mains. Parfois ils l’enlèvent leur masque, le font tomber, le remettent.
  • à la fin de la récréation ou de la journée, les masques sont mouillés, plein de terre, auréolés de sueur ou de salive
  • certains enfants jouent au football ou à trap-trap avec, et n’ont pas la capacité de l’adulte à ressentir l’étouffement ou le mal-être

2 – « Une supervision adéquate par un adulte et des instructions données à l’enfant sur le port et le retrait des masques en toute sécurité » n’est pas toujours possible en pratique :

Certes l’enseignant(e) peut exercer cette supervision, mais est-il vraiment raisonnable qu’elle est en capacité de le faire à chaque seconde pour 25 ou 30 enfants en même temps ?

Et en récréation, quand les enfants courent partout, cette supervision est un véritable défi…

3 – “les incidences potentielles du port du masque sur l’apprentissage et le développement psychosocial, en consultation avec les enseignants, les parents/aidants et/ou les prestataires de santé” sont largement négligées car:

  • aucune réelle étude d’impact psycho-social n’a été présentée par le Gouvernement lors de la mise en application du décret
  • le Gouvernement, et plus généralement les autorités étatiques, ont fait la sourde oreille chaque fois que des professionnels de santé et de l’enfance (pédopsychiatres, psychologues de l’enfance) ont alerté publiquement sur les risques psycho-sociaux encourus
  • il n’y a aucun accompagnement réel, ni vigilance systématique pour prévenir les dommages d’une telle mesure sur la santé des enfants
  • les enseignant(e)s, malgré toute leur bonne volonté, ne sont pas des psychologues ou des pédopsychiatres, et n’ont pas été formées pour cela
  • Les autorités prétendent prendre en compte cette incidence en acceptant des dispenses au cas par cas, mais ces dispenses ne sont le plus souvent accordées que dans des cas extrêmes ou très graves. La souffrance silencieuse d’une majorité d’enfants n’est pas prise en compte. La difficulté que rencontrent certains enfants asthmatiques pour obtenir une dispense en est un bon exemple.

Lien vers les recommandations de l’OMS

https://www.who.int/fr/news-room/q-a-detail/q-a-children-and-masks-related-to-covid-19