Les effets du masque chez les enfants : le constat de 3 orthophonistes

Inquiétudes quant aux effets du port du masque à long terme pour les enfants

Le masque n’est pas anodin d’un point de vue physique :

« Ça gratte, ça gêne, ça mouille, ça glisse, ça tire sur les oreilles, ça étouffe et ça embue les lunettes » (alors on enlève les lunettes, parce que c’est un accessoire peu utile en classe … ) en clair c’est difficile à supporter.

Et la communication et les apprentissages … ne serait-il pas temps de s’en inquiéter ?

  • La communication para verbale est entravée :

→  Reconnaissance des émotions et des mimiques beaucoup plus compliquée (favorise les incompréhensions entre pairs ou avec l’enseignant).

  • L’attention qu’on porte à un visage n’est pas la même quand le visage est masqué/figé.

décrochage attentionnel beaucoup plus fréquents.

Les enfants qui portent le masque sont moins enclins à parler, le masque fait office de barrière entre soi et les autres

 ôte le caractère spontané des échanges.

→ risque de forçage vocal

Risque de décrochage attentionnel élevé

  • L’articulation doit être accentuée, la voix doit être modulée (exercice difficile pour les enfants)
  • La lecture labiale utilisée par tous naturellement n’est plus possible : on a l’impression de moins bien entendre sans ce support nécessaire pour compléter le message oral. Les mouvements de bouches nous parlent autant que les sons qui en sortent ils sont un complément indispensable à nos échanges verbaux !
  • Le renforcement visuel utilisé par les enseignants pour l’apprentissage des sons en lecture n’est plus possible : le lien entre un son émis et sa graphie est souvent renforcé visuellement par une accentuation du geste articulatoire voire d’un geste au niveau du visage. Le masque de l’enseignant empêche de voir cela et le masque de l’enfant l’empêche de reproduire en sentant dans son corps, sa bouche, ce qui se passe ; l’enseignant quant à lui n’a plus la possibilité de guider l’enfant dans ses perceptions physiques.

Le masque en classe accentue les difficultés des enfants :

  • Les apprentis lecteurs ou les enfants dyslexiques manquent de repères visuels
  • Les enfants malentendants entendent encore moins bien sans soutien visuel
  • Les enfants avec un retard de parole ou de langage qui doivent user seulement du verbe pour se faire comprendre sont très en difficulté : les appuis mimo-gestuels sont restreints et les difficultés sont mises en évidence alors l’estime de soi baisse, les initiatives de parole s’amenuisent, le langage stagne.
  • Les enfants qui bégaient bégaient plus car ils doivent faire un effort pour parler plus fort et plus distinctement ce qui est contre-productif pour eux.
  • Les enfants avec autisme décodent moins facilement les émotions, comprennent moins les situations, ne savent pas adapter leur communication (accentuer le regard, l’articulation ou moduler sa voix) et se renferment d’autant plus.
  • Les enfants avec déficience intellectuelle ne sont pas toujours capables d’adapter leur communication : privés de certains atouts expressifs, ils peuvent rester incompris.
  • Les enfants dysphoniques sont gênés pour utiliser leur voix sans forçage et avec une respiration libre.
  • Les enfants ayant une compréhension orale fragile comprennent encore moins bien le message.
  • Les enfants ayant un trouble attentionnel sont d’autant plus sujets aux décrochages.
  • Majoration des angoisses (enfants autistes)
  • Masques maculés de salive et de résidus de mouchage → contraire aux règles d’hygiène souhaitées.
  • Gène sur le plan respiratoire, favorise la respiration buccale.
  • Effort de concentration plus important, fatigue accrue en fin de journée, maux de tête pour certains patients.

Tous sont privés de la communication première, celle du cœur et des émotions, qui passe d’abord par un sourire, une mimique, un froncement de sourcils, qui construisent le lien.

Il y a des enfants avec ce type de difficulté dans toutes les classes et dans toutes les classes il y a des ENFANTS  en construction pas seulement intellectuelle (savoir ) mais aussi sociale. En entravant leur communication, comment vont –ils grandir ? Que comprennent-ils de ces événements ? Quelles traces … ?

3 orthophonistes d’Occitanie

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