Pédagogie, apprentissage, autonomie et organisation familiale

Nous voudrions passer en IEF, mais nous avons peur financièrement car un de nous devra arrêter de travailler donc un salaire en moins. Et idem pour les familles monoparentales…

Effectivement, c’est un élément important à prendre en compte. On peut toutefois noter que le fait que l’un des 2 parents arrête de travailler libère du temps pour gérer la maison et possiblement réduire certaines dépenses.

Dans tous les cas, le passage en IEF demande effectivement une ré-organisation du modèle familial, incluant les dimension psychologiques, affectives et matérielles. Cela passe aussi passe une redéfinition des priorités de la famille.

L’IEF est-elle possible si les 2 parents travaillent à plein temps ?

C’est sans doute LE cas où l’IEF est très difficile voire impossible. Sauf bien entendu, si quelqu’un (oncle, tante, grands-parents) peut assurer l’instruction pendant que les parents travaillent ou bien que les 2 parents ne travaillent pas en même temps.

Mis à part cette raison, l’instruction en famille paraît toujours possible, même si c’est un choix de vie qui demande parfois des aménagements.

Est-il nécessaire d’organiser de nombreuses activités culturelles et éducatives ? Comment faire avec le pass sanitaire ?

En fait, chaque situation de vie quotidienne offre de multiples opportunités d’apprentissage. A travers des situations simples, il est possible de guider l’enfant pour lui permettre de prendre du recul, de tirer des leçons plus générales d’une situation spécifique, de développer sa capacité d’analyse et d’abstraction.

Cela peut se faire en cuisinant, en observant la nature, en bricolant, en mangeant, en observant les relations humaines, etc.

Il est bien sur possible d’organiser des activités éducatives spécifiques, mais en soi cela n’est pas absolument nécessaire, et il n’est pas obligé de prévoir de telles activités tous les jours.

Puis je m’adapter au rythme d’apprentissage de mon enfant ou suis-je obligé de suivre le programme ?

En IEF, la notion de programme de l’Education Nationale n’est pas applicable. L’objectif est l’acquisition du socle de compétence à la fin de chaque cycle, c’est tout. A ce titre, il est donc possible de se détacher de la progression habituellement suivie par l’Education nationale dans le programme.

Comment se passe la transition pour les enfants entre école et IEF ? Est-ce que cela prend du temps ?

Cela est variable selon les enfants et les situations familiales. La transition peut parfois être un peu plus longue pour des enfants plus âgés, puisqu’il y a une forme de « déconditionnement » qui s’opère.

Selon les cas, cela peut prendre plusieurs semaines voire plusieurs mois. Il ne faut pas s’en inquiéter car une fois le rythme trouvé, l’enfant peut apprendre très vite.

Apprentissage, Education, Instruction…Est-ce que toutes ces notions sont une même chose ?

Non, et il est utile de bien percevoir les distinctions, afin de sortir du schéma traditionnel dans lequel l’adulte est l’unique enseignant et l’enfant « l’enseigné ». Voir la vidéo de Jean Pierre Lepri : https://www.youtube.com/watch?v=4ZbpqICQHoI

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Note : concernant les questions ci-dessous, relatives à la pédagogie : 

pour chaque question, il y aurait sans doute autant de réponses que d’enfants et de familles, car chaque situation est spécifique, et il existe de nombreuses approches pédagogiques différentes.

Les éléments proposés ont simplement une valeur indicative, et doivent être adaptés en fonction de chaque contexte particulier, et de la vision éducative de chaque famille.

J’ai entendu que le mieux était de laisser mon enfant apprendre tout seul. Est-ce que cela fonctionne ? J’appréhende sur la faculté d’un enfant à pouvoir trouver son autonomie dans le travail… l’expérience à la maison était compliquée jusqu’à maintenant.

Il n’y a pas de règle absolue dans ce domaine.

L’enfant peut bien sur apprendre seul dans une certaine mesure. On peut aussi remarquer que l’apprentissage de l’enfant peut souvent être stimulé ou facilité par un médiateur et un environnement propice.

A chaque famille donc de trouver le degré et le mode d’encadrement qui convient le mieux à l’enfant.

Je crains que mon fils ne reste scotché aux écrans (ordinateur, console). Comment gérer cela ?

Oui, c’est un risque qui existe. Encore une fois, plusieurs attitudes sont possibles et c’est à chacun de trouver ce qui “fonctionne” pour son enfant.

  • certains pédagogues ou parents préconisent de le laisser « faire ses expériences » et « gérer par lui-même ». Cela peut parfois mener à une belle autonomie, mais aussi d’autre fois à certaines dérives, avec un risque pour l’enfant de rester englué dans une situation peu épanouissante
  • d’autres pédagogues ou parents préfèrent mettre davantage de limites, et de maintenir un environnement plus cadré pour l’enfant afin qu’il ne soit pas uniquement livré à lui-même

Chaque enfant, parent et situation est un cas spécifique qui exige un ajustement entre ces attitudes pour obtenir le résultat le plus épanouissant pour l’enfant et son entourage.

Certains pédagogues insistent beaucoup sur l’importance de l’enthousiasme en IEF…

Effectivement, c’est un moteur très puissant (voire LE moteur !) pour l’apprentissage des enfants. Le mieux que puisse faire l’adulte, c’est de créer les conditions pour que cet enthousiasme puisse s’épanouir. Et de fournir les ressources (pas forcément payantes) nécessaires (visites, ouvertures sur des sujets divers et variés)

Publié dans Q-R