Protocole renforcé ? Mais laissez donc nos enfants tranquilles !

Alors que des centaines de professionnels de l’enfance et des milliers de parents alertent sur les effets délétères des restrictions sanitaires, le gouvernement annonce un nouveau protocole renforcé pour les écoles. Le décalage se creuse entre la réalité du terrain et la technocratie gouvernementale.

Depuis plusieurs semaines, les spécialistes de l’Enfance et de l’Education, et avec eux des centaines de collectifs de parents, confirment sans ambiguïté deux tendances clés:

  • d’un côté, la Covid-19 et ses variants montrent tous les signaux d’une maladie peu pédiatrique, avec une population enfants asymptomatique et très peu contaminante ;
  • de l’autre, les enfants subissent de plus en plus les effets néfastes du protocole sanitaire, en particulier du port prolongé du masque. Chaque semaine, de nouveaux documents parviennent au grand public confirmant cet état de fait.

Ainsi, le 25 janvier 2021, les sociétés savantes de pédiatrie, par la voix de la Société Française de Pédiatrie, rappellent : « Les services d’hospitalisation habituellement surchargés à cette période d’enfants atteints de pathologies infectieuses (bronchiolites, gastro-entérite) le sont cette année encore mais d’enfants maltraités, déprimés, anxieux et suicidaires.»

« En Suède où les crèches et les écoles sont restées ouvertes sans port du masque, on observe que les enseignants d’enfant âgés de 7-16 ans avaient deux fois moins de risque de COVID 19 que les adultes exerçant d’autres métiers. »

Communiqué de la Societe francaise de pediatrie, 25 Janvier 2021

Ce n’est pas tout: une lettre ouverte de 60 pédopsychiatres a également été diffusée le 26 Janvier 2021 depuis la Belgique :

« [La première vague] a également amené son lot de patients [enfants] anxieux, entre les TOCS de lavage de mains et les angoisses de mort démesurées. Des enfants n’osant plus sortir de chez eux pour jouer en rue, de peur de transmettre la covid, et donc la mort, à leurs familles.»    

« On a donné aux adolescents le minimum pour survivre psychiquement. (…) Les adolescents sont en souffrance majeure actuellement, sans aucune perspective d’amélioration. Ils sont en plein développement, intellectuel et affectif. Si la situation perdure, sera-t-elle “rattrapable ? »

Enfin, le 1er Février, Christèle Gras Le Guen, Pédiatre au CHU de Nantes et secrétaire générale de la SFP, est intervenue sur BFMTV, rappelant que les enfants sont peu infectés, et que de nombreux éléments indiquent qu’ils ne sont pas du tout en première ligne dans la chaîne de transmission. A contrario, on observe selon elle un afflux d’enfants pour motifs psychiatriques, avec un taux inhabituel d’enfants de 9-10 ans pour des gestes suicidaires. Et elle ajoute : « Aujourd’hui, très peu de cas de contaminations à l’école, d’enseignants ou d’élèves contaminés. »

Concernant le variant anglais, de nombreux pédiatres britaniques ont démenti en Janvier les rapports alarmistes de certains medias. Entre autres, le Dr Mike Tildesley, membre du Groupe consultatif scientifique pour les urgences (Sage), a déclaré à la BBC :

« L’évidence est que nous n’observons pas une augmentation significative des cas en école primaire malgré ce nouveau variant »

Dr Mike Tildesley
membre du Groupe consultatif scientifique pour les urgences (UK)

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Malgré toutes ces affirmations convergentes, les pouvoirs publics et leurs porte-voix médiatiques semblent quant à eux vivre dans un univers parallèle, déconnectés de la réalité du terrain de l’enfance :

  • leurs discours transforment, sans motif sérieux, les enfants en menace permanente et l’école en espace clé de contamination et donc de surveillance épidémique. Malgré le peu de données et de déclarations sérieuses allant dans ce sens, c’est le message constamment relayé par un certain nombre d’acteurs dont nous peinons à comprendre les motifs et les intentions.
  • ils minimisent voire ignorent constamment la souffrance et la détresse de milliers d’enfants et de parents, engendrée par le protocole sanitaire, ainsi que les alertes de centaines de professionnels de santé.

Malgré toutes ces affirmations convergentes, les pouvoirs publics et leurs porte-voix médiatiques semblent quant à eux vivre dans un univers parallèle, déconnectés de la réalité du terrain de l’enfance

C’est le sens du nouveau protocole sanitaire renforcé, qui jette à nouveau la suspicion sur les enfants, y compris en classe de maternelle, dont rien ne laisse pourtant présager une menace dans la propagation de la Covid-19. Mais, sous prétexte de « précaution », le moindre test positif (avec ou sans symptômes) fera  désormais considérer tous les camarades comme cas-contact, avec le risque que de nouvelles classes soient fermées.

C’est aussi le sens de certaines déclarations d’un syndicat d’enseignants qui, dans la foulée de la publication du protocole, communique : « Si cette mesure permet enfin de considérer les cas de contamination dans les écoles maternelles, la mise en œuvre nécessitera sur le terrain un suivi conjoint des autorités sanitaires et académiques pour qu’elle soit effective ».

De quoi entretenir le doute dans l’esprit de l’opinion publique, et la crainte des équipes pédagogiques. Là encore, pourquoi un tel discours puisque toutes les informations qui nous parviennent tendent à rassurer les enseignants sur les risques encourus en classe ?

Et sur quel fondement le Professeur Rémi Salomon, qui n’ignore sans doute pas les alertes de dizaines de pédopsychiatres, se permet-il affirmer ce 3 Février au micro de France Info : « Le variant anglais va prendre le dessus, les mesures que l’on a prises aujourd’hui ne seront pas suffisantes. (…). Fermer les écoles, ça permet de faire plus de télétravail. Compte tenu de ce qui se passe dans les hôpitaux, il faut fermer les écoles pendant trois semaines, un mois, puis les rouvrir. Ce ne serait pas une mauvaise idée que d’augmenter la durée des vacances. »

Pourquoi ces prédictions alarmistes et cette surenchère d’austérité, à l’heure où la star mondiale de l’épidémiologie John Ioannidis, de l’université de Stanford, vient de publier une étude démontrant l’inefficacité totale des mesures restrictives de type confinement et fermeture d’entreprises ?

Puisqu’aucun élément scientifique solide ne laisse présager un risque épidémique en milieu scolaire, quand cessera-t-on ces sorties médiatiques sur les enfants ? Jusqu’où poursuivra t-on cette surenchère de mesures soi-disant protectrices dont la balance bénéfices-risques est éminemment défavorable ?

Quelle étrange maladie a saisi la société française, de présumer soudainement tous ses enfants très contagieux, alors que toutes les analyses pédiatriques indiquent le contraire ?

Enfance et Libertés répertorie activement tous les éléments scientifiques et spécialisés sur les risques contaminants des enfants. A ce stade, rien n’étaie la thèse d’une contamination significative et d’une circulation active, si ce n’est un doute sans fondement entretenu avec soin et persistance par de multiples affirmations médiatiques ou politiques hasardeuses.

Enfance et libertés, par l’échange avec de très nombreux professionnels et  le recueil de nombreux témoignages, alerte également à son tour sur « la grande dépression » qui guette les populations infantiles et tous les effets psychologiques néfastes du protocole sanitaire, du primaire jusqu’au lycée. Les remontées deviennent de plus en plus inquiétantes.

Enfance et libertés invite chaque parent interpellé par cette souffrance infligée aux enfants et par ces mesures écrasantes de la maternelle au lycée, à prendre contact avec les collectifs locaux de parents présents sur tout le territoire, et demande à l’Etat d’infléchir sa politique sanitaire à l’égard des enfants.

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