Vaccination covid enfants : un nouveau rapport du COSV explicite les projets et le calendrier du gouvernement

Selon le COSV, l'atteinte de l'immunité collective pourrait nécessiter de vacciner les enfants à partir de 3 ans

Nous y voilà…Encore inconcevable il y a quelques mois, la vaccination des enfants est désormais présentée par le gouvernement comme une nécessité quasi-incontournable.

Le  22 Avril 2021, M. le Ministre de la Santé Olivier Véran, annonçait :  « à l’heure où je vous parle, la vaccination des enfants n’est pas d’actualité ». Mais ses propos ne masquaient guère le fait que le gouvernement était très actif sur le sujet.

Le Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale, présidé par le Professeur Alain Fischer, vient de publier un rapport avec un projet déjà très précis concernant une éventuelle campagne massive de vaccination des enfants, qui pourrait être déployée de l’été 2021 à début 2022.

Ci-dessous quelques extraits clés du rapport, et quelques commentaires. Vous pouvez accéder au rapport complet en bas d’article. 

A partir de quel âge ? 12 ans ? 9 ans ? 3 ans ? Différents scenarios envisagés

« Plusieurs scenarii peuvent être envisagés :

Vaccination des enfants âgés de plus de 12 ans. Compte-tenu du rationnel scientifique présenté ci-dessus, cette option ne sera pas suffisante pour atteindre 51 millions de personnes protégées.

Vaccination des enfants âgés de plus de 9 ans.

Vaccination des enfants âgés de plus de 3 ans. Cette option parait raisonnable pour atteindre une immunité collective suffisante.

Vaccination de tous les enfants de plus de 6 mois. Cette option peut être discutée, les nourrissons participant probablement plus faiblement à la dynamique de transmission virale. »

“Raisonnable”, à partir de 3 ans ? Vraiment ?

Un calendrier "ambitieux"...ou précipité ?

« Les adolescents de 16 ans et plus pourraient être vaccinés dès l’été, comme c’est déjà prévu dans d’autres pays européens, puisque le vaccin Pfizer/BioNTech est déjà homologué pour cette classe d’âge. »

« En fonction des résultats d’efficacité et de tolérance des vaccins chez les enfants, et de l’avancée des procédures règlementaires, les enfants de 12 à 15 ans pourraient être vaccinés à la rentrée 2021. »

« Pour les enfants de moins de 12 ans, il existe encore des incertitudes sur les dates prévues d’autorisations des différents vaccins, qui pourraient arriver entre l’automne 2021 et le début de l’année 2022. »

Un effort de communication pour convaincre les parents…et les enfants !

Un travail important de communication devra être engagé et pourra s’appuyer sur la stratégie déployée dans les pays anglo-saxons où la vaccination antigrippale est recommandée chez les enfants, dans un contexte de bénéfice individuel similaire. Une communication devra être adressée aux parents, mais il faudra également prévoir une communication ciblée à destination des enfants, adaptée à leur degré de maturité.

Nous vous suggérons de surveiller vos revues pour enfants. Nous avons souvent des surprises en lisant ces publications apparemment anodines sur les thèmes liés à la crise covid. Une petite relecture avec eux, pour quelques explications complémentaires, pourra les aider à gagner en discernement…

En outre, le CSOV a bien conscience que l’adhésion des parents ne sera pas évidente :

« Il faut rappeler que la vaccination des enfants […] sera un défi important. L’obtention d’un taux de vaccination des enfants suffisant pour atteindre une immunité collective n’est pas certaine.»

Et de se questionner sur « l’acceptabilité de la vaccination des enfants dans un contexte de bénéfice individuel faible »

Une vaccination réalisée en milieu scolaire

« Idéalement, la vaccination des enfants devra être réalisée en milieu scolaire. Cela impliquera la mobilisation de la médecine scolaire et sans doute la participation de professionnels de santé extérieurs au système scolaire. »

Une inconnue fondamentale : la sécurité des vaccins

La sécurité de ces vaccins pour les enfants est à ce jour une inconnue fondamentale, et qui n’est pas prête d’être résolue. Le rapport inclut, certes, plusieurs passages en apparence prudents relatifs à la sécurité :

« Pour initier la vaccination des enfants, il est indispensable que la balance bénéfice-risque soit fermement établie, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. »

« La vaccination des enfants ne pourra être réalisée qu’à condition de l’obtention des résultats d’efficacité et de sécurité de ces vaccins chez l’enfant, et des autorisations de mise sur le marché délivrées par l’Agence Européenne du Médicament. »

« Il faut néanmoins mentionner l’alerte récente venue d’Israël suite à l’observation de 62 cas de myocardites (dont 2 décès) après administration de deux doses de vaccin Pfizer chez des jeunes adolescents et adultes de 16 à 30 ans. Cette alerte nécessite un recueil complémentaire d’informations et possiblement une évaluation par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament.»

Néanmoins, quels que soient les résultats des essais annoncés dans les mois à venir, nous n’aurons jamais plus que quelques mois de recul, donc aucune garantie réelle concernant les effets secondaires (voire de décès) rapportés consécutivement aux vaccins.

Un point de départ extrêmement discutable voire erroné

« Bien que peu affectés par des formes symptomatiques de la Covid-19, les enfants et adolescents transmettent le virus et participent à la dynamique épidémique. »

Cette affirmation est tout à fait discutable, puisqu’elle va à l’encontre du consensus pédiatrique  selon lequel les enfants sont très peu contaminés, très peu contaminants et ne jouent qu’un rôle minime dans la chaine de contamination.

D’ailleurs, le rapport peine à justifier cette affirmation alarmiste : il ne cite que deux sources qui datent …d’Avril 2020 et Juin 2020 ! Ce n’est pas sérieux ! Est-il pertinent aujourd’hui de s’appuyer sur des études datant du début de la pandémie, alors que les modes d’infections et de transmission du COVID-19 étaient encore largement inconnus  ? 

La Société Française de Pédiatrie indique régulièrement depuis plusieurs mois le rôle minime des enfants dans la dynamique épidémique, à l’aide de communiqués référençant souvent de nombreuses études pédiatriques de plusieurs pays :

  • Avis du 29/01/201 : une infection qui ne les concerne que très peu et que leur rôle dans la chaine de contamination apparait aujourd’hui encore comme très modeste
  • Avis sur la vaccination covid 24/03/2021 : la COVID-19 chez l’enfant est le plus souvent asymptomatique, les enfants sont peu contagieux et très peu de formes sévères ont été décrites, même pour ceux atteints de pathologies chroniques.
  • Ce fait est aussi rappelé par Mme Gras Le Guen, Secrétaire générale de la SFP, dans son interview du 1er Février 2021 : « Ce virus qui les infectent très peu et pour lequel nous avons accumulé des évidences selon laquelle ils ne sont pas du tout en première ligne dans la chaine de contamination ».

Une modélisation inadéquate et des calculs approximatifs pour justifier la vaccination de millions d’enfants

Le « Rationnel théorique pour justifier la nécessité collective de vacciner les enfants » nous parait tout à fait simpliste et approximatif.

Il est fort douteux que la modélisation épidémique théorique proposée suffise à refléter la complexité épidémiologique du terrain dans les mois à venir, avec l’apparition de nouveaux variants.

Ainsi, il est fort probable que malgré ces calculs prédictifs et la mise en œuvre de la campagne de vaccination proposée, l’immunité collective par vaccination ne soit pas atteinte.

En outre, le rapport justifie la nécessité de vacciner les enfants de moins de 12 ans par la nécessité de vacciner 7 millions d’individus supplémentaires pour atteindre le taux cible de couverture vaccinale. Ce raisonnement est simplificateur car vacciner 7 millions d’enfants n’a pas le même impact que vacciner une autre tranche d’âge, puisque les caractéristiques de la circulation virale y sont totalement différentes.

Des chiffres ? Non, des enfants !

Il est choquant de lire comment les calculs proposés réduisent des millions d’enfants à des chiffres et pourcentages. Pense-t-on réellement que ces calculs théoriques – de surcroît simplistes – suffisent à justifier la vaccination de millions d’enfants de moins de 16 ans ?!!!

Il est extrêmement gênant de lire un tel raisonnement, qui fait des enfants la variable d’ajustement dans la course à une hypothétique immunité collective par vaccination.

« Sans les enfants de moins de 16 ans, avec les mêmes hypothèses, le nombre de personnes vaccinées protégées serait de 40M de personnes environ, 44M en incluant les personnes immunisées naturellement. Il y aurait donc un déficit de près de 7M de personnes par rapport à l’objectif de 51M. »

« Ainsi, en considérant la vaccination des enfants et en se plaçant dans des conditions relativement optimistes (adhésion vaccinale de 80% et protection de 90% contre la maladie), on atteindrait tout juste l’immunité de groupe nécessaire pour réduire significativement la circulation virale. »

Et plus loin : « Vaccination des enfants âgés de plus de 12 ans. Compte-tenu du rationnel scientifique présenté ci-dessus, cette option ne sera pas suffisante pour atteindre 51 millions de personnes protégées.»

Beaucoup d'inconnues à ce jour...

« La réponse à ces questions implique l’analyse de nombreuses variables pour lesquelles le niveau de connaissances actuel est insuffisant. Il est de ce fait nécessaire d’envisager de nombreux scenarii qui ne peuvent actuellement être instruits que partiellement.»

« Le temps des semaines et mois à venir doit être utilisé pour recueillir des informations sur le niveau et la durée de protection conférée en vie réelle par les différents vaccins, selon les catégories d’âge et de vulnérabilité.»

« Pour initier la vaccination des enfants, il est indispensable que la balance bénéfice-risque soit fermement établie, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.»

Un bénéfice individuel quasi-inexistant

Le rapport reconnaît d’abord que le bénéfice individuel de la vaccination pour chaque enfant est très faible. Il s’emploie ensuite à trouver des avantages qui pourraient motiver une éventuelle vaccination. Entre autres :

« La vaccination offrirait une protection contre ces syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques», similaires au syndrome de Kawasaki, estimés selon ce même rapport à « 29,9 cas par million d’habitants dans la population des moins de 18 ans».

Ainsi, selon le raisonnement esquissé dans ce rapport, vacciner 10 millions d’enfants (avec tous les effets secondaires que cela pourrait impliquer) pourrait peut-être permettre d’éviter environ 30 cas * 10 = 300 cas d’éventuels syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques…Le bénéfice-risque pose grandement question…

Immunité naturelle vs immunité vaccinale

Le rapport note un fait intéressant qui donne à réfléchir concernant la stratégie de développement de l’immunité covid :

« Les données actuelles suggèrent que l’immunité naturelle induite par l’infection est du même niveau que l’immunité induite par la vaccination et persiste pendant au moins 8 mois »

Conclusion

Un rapport qui semble afficher une certaine prudence méthodologique…

Néanmoins :

  • une hypothèse de départ très discutable (degré de participation des enfants à la chaîne de transmission virale)
  • des modélisations simplificatrices
  • les enfants transformés en variable d’ajustement des calculs théoriques d’une hypothétique immunité collective
  • aucune garantie sérieuse d’atteindre effectivement l’immunité collective visée
  • un planning et un périmètre de vaccination extrêmement ambitieux…

…et inquiétant, si l’on se souvient que nous n’avons à ce jour quasiment aucun recul sur les éventuels effets secondaires de ces vaccins.

A SUIVRE AVEC ATTENTION !